DANS LA PRESSE

INTRAMUROS Nº153
Le sujet en première ligne

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Leurs projets sont très exposés mais eux se tiennent en retrait. Ils répondent à la commande mais leur vision du design est globale. En neuf ans de pratique, DES SIGNES – Elise Muchir et Franklin Desclouds – a assemblé un corpus de projets justes.
Le Roi peut-il être un sujet ? DES SIGNES pour sa part s’en est saisi et a fait en sorte qu’un frisson de faste coure à nouveau sur les murs de Versailles. Des bannières ocre jaune aux affiches estampillées par un logo en demi-soleil radieux, des plans qui se déploient aux brochures chamarrées, nul doute, le Château a retrouvé ses ors. Et il signifie cela à travers une écriture hiératique tout droit exhumée du grand siècle, l’Apollon®.
Les auteurs de cette « révolution » de papier, le studio DES SIGNES, cultive, par contraste, une discrétion de bon ton.Élise Muchir et Franklin Desclouds, diplômés en 1997 des Arts Décoratifs de Paris et formés respectivement chez Intégral Ruedi Baur (après Visuel Design Jean Widmer) et au studio Philippe Apeloig, ne tiennent pas à se mettre en avant. La starification du graphiste ? Très peu pour eux. L’anonymat de leur patronyme leur permet, disent-ils, de mieux se glisser dans le sujet tout en déployant la commande tous azimuts : sur le papier, dans l’espace, sur l’Internet. C’est d’ailleurs, avec des sites web, qu’ils ont fait craquer, il y a dix ans, le Ministère de la Culture et de la Communication (une cinquantaine d’expositions virtuelles créées pour la Bibliothèque Nationale de France dont Michael Kenna, Jeux de Princes, L’aventure des écritures…), et se sont fait repérer par la Direction des Musées de France avant de l’être par les grandes maisons d’édition comme Gallimard, dont ils signent l’exposition en ligne du centenaire.

L’esprit des lieux
Se glisser dans le sujet donc. Après Versailles, DES SIGNES se faufile dans les allées du domaine de Fontainebleau. En découle une identité visuelle très ajustée et, là encore, une typographie, le Fontainebleau®, aussi suavement hétéroclite que l’architecture des lieux. Comme une invitation à la décrypter en même temps que l’on découvre son nom. Pour montrer toutefois qu’ils ne sont pas seulement des graphistes abonnés aux grandes demeures (ils ont été appelés aussi par le Palais de la Découverte), ils s’empressent de mettre en place, au centre aquatique de Levallois, une signalétique, toute de turquoise vêtue, qui tutoie les baigneurs, les interpelle joyeusement. C’est écrit en grosses gouttes d’eau ondulantes sur les murs de céramique blanche, « Vers le grand solarium », « Bassin optimum ». Et, parfois dans le sillage des grandes lettres naviguent des petits « crawl », « dos », « papillon »… « Notre approche du graphisme est liée à la commande, nous ne suivons aucun style et tous nos choix sont justifiés », explique DES SIGNES quand on s’étonne du grand écart entre les châteaux et la piscine. « Pour chaque projet, nous définissons une charte graphique et des typographies qui incarnent l’esprit du lieu. » Pour le faire résonner de la manière la plus juste, les graphistes questionnent leur client, écoutent les espaces, furètent dans les coins et s’imprègnent de l’histoire de l’établissement.

Leur dernier tour de force, le 27 rue Jacob (Paris). Une « non marque » mais une adresse célèbre, celle des maisons d’édition Les Arènes et l’Iconoclaste, et des revues XXI et Six Mois. Faute de pouvoir formuler une identité visuelle commune sans faire de l’ombre à celles qui existent déjà, DES SIGNES fait en sorte que chaque élément de la communication graphique possède sa propre formulation. « Nous racontons, avec des mots, ce qui existait visuellement auparavant. Nous écrivons ainsi sur les affichettes la phrase suivante : Un immeuble avec un if devant.... Sur une carte de correspondance, C’est bien quand c’est écrit. Sur une carte de visite, Quelque(s) chose(s) à lire. Sur un marque page, Que ferais-je sans livres ?. En fait, on ne sait plus très bien qui parle : le 27 rue Jacob ou le support ? Comme caractère, nous avons pris l’Eureka® Monospace qui évoque les archives et le rangement. » Avec la designer-scénographe Florence Bourel, ils signent encore l’aménagement du rez-de-chaussée, à la fois librairie et lieu d’événements autour de la littérature. « Il n’y a pas la scénographie d’un côté et le graphisme de l’autre. Ces éléments font partie d’une même communication et doivent se répondre. » Et le concept graphique file sans rupture ni hiérarchie du papier à l’espace et occupe même, lorsque la commande l’autorise (comme ici, au 27 rue Jacob), un territoire sur l’Internet.

Le projet graphique considéré comme un concept global, que le commanditaire peut ensuite décliner à sa guise, viendrait certainement de l’influence de Ruedi Baur, reconnaît Elise Muchir. Le sens du détail et de la finition, quant à lui, serait inspiré par Philippe Apeloig, plus « instinctif ». Héritiers de ces deux courants, DES SIGNES se revendique sans équivoque comme un « artisan d’art », soucieux de la qualité des objets qu’il produit (voir la signalétique cinétique du Conservatoire de Musique et de Danse Maurice Ravel taillée comme une onde sonore à partir de panneaux métalliques biseautés), et respectueux des savoir-faire techniques. A Versailles, ils ont fait appel à une brodeuse pour rehausser, avec de vraies perles, un détail d’une peinture d’un vêtement de cour. Cette broderie compose le visuel cadré très serré de l’exposition « Fastes de Cour ». Les caractères Apollon® et Fontainebleau® ont été réglés et façonnés par le calligraphe-typographe Claude Médiavilla. A apprécier la modernisation du premier (et sa royale esperluette et ce R à la hampe traînante), les fantaisies maîtrisées et rusées du second, mélange de linéales, sérif et stencil, conçu pour être lu à la verticale. « Nous savons où nos compétences s’arrêtent. Nous passons alors le relais à ceux qui en savent plus que nous. Pour qu’au final, les projets soient parfaits, et que nous soyons fiers de les montrer. »
Extrait de la rubrique « Portrait » par Annik Hémery

ARCHISTORM N°50
Des Signes

01. 02. 03. 04.

Aussi discrets que leur travail est visible, Élise Muchir et Franklin Desclouds du studio Des Signes inventent en neuf ans des identités visuelles, des chartes graphiques et des signalétiques d’illustres institutions. Ces deux graphistes talentueux et exigeants dévoilent une approche globale de leurs projets dont le souci du détail forge leur signature.
Astrid Boisselet


Un vaste studio coloré et dynamique à l’image de leur travail, des murs tapissés de leurs créations mais aussi de références artistiques, palettes chromatiques et photographies : c’est dans leur atelier du 5e arrondissement de Paris que ces deux graphistes, enrichissent quotidiennement leur pratique. Leurs mains, leurs gestes, leurs outils parlent avec eux et ce n’est pas par hasard s’ils se qualifient volontiers « d’artisans d’art ». En témoigne la richesse de leur savoir-faire qui fait appel invariablement à des techniques anciennes : broderie, peinture, sérigraphie, calligraphie, collage, etc.

Diplômés en 1997 des Arts décoratifs de Paris, où ils se sont rencontrés, Élise Muchir et Franklin Desclouds fondent en 2002 le studio Des signes après avoir vécu leurs propres expériences professionnelles..

Élise fait ses premiers pas auprès de Jean Widmer puis enchaine deux années chez Intégral Ruedi Baur. Jamais très loin l’un de l’autre, Franklin et elle travaillent ensemble sur certains projets lorsque celui-ci décide, après un passage chez Philippe Apeloig, de s’installer à son compte. Leur activité graphique se développe alors principalement dans le multimédia, notamment avec la Bibliothèque nationale de France, pour laquelle ils conçoivent depuis 1999 la grande collection d’expositions virtuelles. Conquise par leur production, la célèbre institution leur confie, en 2008, la réalisation de la charte graphique du site portail, puis, récemment, la signalétique de la scénographie de l’exposition « Graphisme et création contemporaine »..

Très vite, Des signes développe le design graphique sous toutes ses formes et sur tous les supports, principalement dans le domaine culturel qu’ils affectionnent et connaissent davantage - « À force, nous sommes plus à l’aise sur ce genre de projet »-, même si parfois ils expriment ailleurs, comme au Centre aquatique de Levallois où leur création leur vaut une distinction. Ils ont imaginé une signalétique bleu turquoise voguant au rythme de l’eau qui guide les usagers à travers l’édifice : les pictogramme originaux et leur série de mots, à la typographie un brin rétro, semblent sortir tout droit d’un cahier d’écoliers pour accompagner petits et grand de façon ludique et chaleureuse au sein de l’établissement..

Un style ? Pas vraiment. Plutôt une démarche récurrente basée sur l’échange avec le client, l’observation et la compréhension des lieux ou des institutions pour lesquels ils travaillent. Ils le prouvent au château de Fontainebleau, où ils ont imaginés avec Claude Mediavilla (calligraphe) une typographie composite spécifique, à l’image de l’architecture hétéroclite de ce haut lieu du patrimoine. Pour ce faire, les graphistes se sont appropriés les codes classiques et les ont réinterprétés de manière contemporaine afin de livrer une signalétique qui s’intègre avec justesse dans ce lieu chargé d’histoire..

Autre tour de force, sur le site du château de Versailles, avec lequel ils collaborent depuis 2005, d’abord sue des créations ponctuelles puis, à partir de 2008, sur la charte graphique de l’établissement : un demi-soleil d’or majestueux qui couronne une typographie originale – L’Apollon®- directement inspirée des principe esthétique du XVIIIe siècle..

Une fois les outils mis en place, la ligne graphique est réutilisée et déclinée sur différents supports comme des brochures ou des dépliants. Ici aussi ils s’entourent de savoir-faire extérieurs pour enrichir leur création : « Nous avons des idées précises, mais il y a certaines choses que nous ne savons pas faire, alors nous n’hésitons pas à collaborer avec des professionnels qui complètent notre travail. » Ainsi pour le visuel de l’exposition « Faste de cour et cérémonies royales », la brodeuse Anne Muchir a recréé à l’aide de perles un élément de costume d’époque dont le détail, d’une grande finesse, rehausse et personnalise l’affiche.

Pour chacune de ses réalisations, Des signes aborde le projet dans sa globalité : « Nous avons des difficultés à nous limiter à la demande précise, nous aimons toujours aller plus loin et nous débordons ! » ce fut notamment le cas pour le 27 rue Jacob à Pari sanciennement les Éditions du Seuil, aujourd’hui un nouvel espace entièrement dédié aux livres qui abrite les maisons d’édition Les Arènes et l’Iconoclaste ainsi que les revues XXI et 6MOIS. Ici, Des signes est allé au-delà de l’identité visuelle afin de fédérer entre elle les maisons d’édition, déclinant la signalétique sur une grande variété de supports et conservant un ensemble graphique minimaliste, en noir et blanc, une typographie faussement simple, très rythmée. De ce jeu avec les mots, ils ont collaboré avec Florence Parraud (conceptrice –rédactrice) des phrases pour faire parler les différents éléments de communication, avec un message commun : la passion du livre. Ainsi peut-on lire sur un marque-page « Que ferais-je sans livre » sur un sac « J’ai des livres à l’intérieur », sur une carte de visite « Un lieu à livre ouverts… ».

Et ce n’est pas tout. L’esprit du 27 se poursuit dans la scénographie du rez-de-chaussée, dédié à l’accueil et à la librairie, où Des signes a réalisé avec Florence Bourel (designer) un mobilier aux formes épurées, sobre et fonctionnel, à l’image de la charte graphique de la maison. Qu’ils aillent toujours plus loin et « débordent », comme ils disent, personne ne s’en plaindra. Ce souci du détail qu’il y achez eux ne vise qu’une chose : créer l’émotion.
A.B Septembre-octobre 2011

PIXELCREATION
Studio Des Signes


Fondateurs du studio Des Signes, Elise Muchir et Franklin Desclouds pratiquent design et graphisme comme des artisans d’art. Revue de détail (72 visuels !) avec ceux qui sont passés en moins de dix ans au premier plan en termes d’identité visuelle et de signalétique d’institutions culturelles.

Spécialiste reconnu de l’identité visuelle et de la signalétique, Ruedi Baur a nommé son studio « Integral ». Peut-être parce que cette spécialité recouvre à peu près toutes les disciplines du design et du graphisme : création graphique et typographique, prise en compte de l’environnement, production sur des supports divers (bois, papier, textiles, matériaux composites), déclinaisons multimédias.

A cette aune, Elise Muchir et Franklin Desclouds, fondateurs du studio Des Signes, rassemblent les compétences voulues. Après les Arts Décoratifs de Paris où ils se sont rencontrés, Elise a commencé son parcours en 1997 chez Visuel Design Jean Widmer puis à Integral Ruedi Baur justement, tandis que Franklin pratiquait typo et multimédia respectivement chez Philippe Apeloig et Duke Interactive. En 2002, ce jeune couple s’est aussi associé professionnellement en créant le studio Des Signes avec la BnF comme premier client. En partant sur des applications multimédia et en étendant leur collaboration au print et à la signalétique au fur et à mesure des appels d’offres. Une collaboration qui dure depuis maintenant 12 ans... « C’est assez typique de notre relation avec nos commanditaires : on rentre sur un petit projet, et puis on décline sur d’autres supports jusqu’à faire leur identité complète » explique Elise. Franklin Desclouds justement aime la rencontre avec les clients, découvrir leur univers. « Je cherche dans la rencontre la singularité de chaque client et j’ai envie d’insuffler ce qu’ils racontent même dans un simple document. J’aime que notre sensibilité, ce que nous avons ressenti, joue avec l’identité du client. » Leurs influences : les voyages qui leur permettent de se confronter à ce qui se fait ailleurs, l’art contemporain et moderne. « Un exemple : le requin dans une boîte par Damien Hirst m’a donné l’idée d’une piste de création alternative pour la signalétique de la piscine de Levallois, avec des lettres dans des boîtes remplies d’eau... » (Franklin Desclouds en souriant à cette évocation).

La liste des clients de Des Signes est maintenant un who’s who des institutions culturelles : BnF, château de Versailles, Réunion des Monuments Nationaux, ministère de la Culture, Universcience/palais de la Découverte, éditions Gallimard, etc. Pour les satisfaire, le studio Des Signes a étoffé son équipe qui compte 5 à 6 graphistes, souvent en stage pour 6 mois, et un réseau de professionnels spécialisés : typographes/calligraphes comme Claude Mediavilla (caractère Apollon pour le château de Versailles) ou Peter Bilak (Eureka mono pour le 27 rue Jacob), mais aussi concepteur-rédacteurs, designers, développeurs, photographes.

L’évolution de leur métier : « Les musées et institutions culturelles traitent de plus en plus leur nom comme une marque et développent une approche de plus en plus commerciale » expliquent Elise et Franklin. Du coup, nous sommes amenés à travailler avec des stratèges de marque sur ces sujets. La problématique s’élargit : que peut-apporter la pub à la culture, et réciproquement... » Et à titre personnel ? « Depuis deux-trois ans, j’ai envie de mettre plus l’accent sur la typo, revient Franklin, peut-être parce que c’est un terrain de jeu plus libre pour des documents culturels où l’iconographie est de plus en plus imposée. » Un côté qui va bien avec le côté « artisan d’art » qu’ils revendiquent, mêlant conception et création avec la maîtrise des techniques et la mise en œuvre.

Paul Schmitt, juillet 2011 (commentaires des visuels par Elise Muchir et Franklin Desclouds)

CÔTÉ PARIS N°16
Des Signes, Graphistes à fortes identités visuelles

01.

Dessin ? Design ? Des signes, le studio de création graphique, crée par Élise Muchir et Franklin Desclouds, joue avec les mots et les images, pour créer une identité visuelle à la carte. Affiches, web, signalétique, ils sont sur tous les fronts graphiques en combinant savoir-faire (collage, sérigraphie, broderie…) et techniques numériques. Ces anciens élèves des Arts Décoratifs travaillent aujourd’hui comme des « artisans d’art ». Leurs premières expériences professionnelles de font chez Visuel Design Jean Widmer puis chez Intégral Ruedi Baur pour Élise, chez Philippe Apeloig pour Franklin. Des débuts en solo qui se solderont par un duo, puisqu’ils ouvrent leur studio, rue de la clef dans le Ve. Leurs premiers projets concernent la BnF. La culture restera leur univers de prédilection et Paris leur terrain de jeu : château de Versailles, ministère de la culture, parc de la Villette, éditions Gallimard, librairie 27 rue Jacob… Très investi dans le domaine culturel, le studio plonge dans d’autres projets comme en témoigne la signalétique bleu azur du Centre Aquatique de Levallois. Créer une identité graphique peut aussi passer par la création d’un alphabet spécifique. « Dans les grandes institutions, comme le château et domaine national de Versailles, l’iconographie est souvent imposée, on se doit d’utiliser des images classiques, des tableaux d’époque, l’alphabet composé sur mesure est une véritable valeur ajoutée à l’identité d’un lieu ». La communication institutionnelle en France et à Paris a longtemps résisté avant de sortir de codes classiques. « Les nouvelles générations sont ouvertes aux jeux graphiques, aux cadrages singuliers, aux mises en pages colorées ». Les affiches Monoprix par exemple, reflètent cette évolution : jeu de typos, bandes de couleurs et textes drôlent, fins et justes. Côtés projets, Élise et Franklin envisageraient volontiers des échanges avec les musées étrangers, « afin d’amener l’expertise française du château de Versailles ! » Ils évoquent aussi des travaux plus libres, à plus grande échelle, et rêve à voix haute « d’habiller tout un bâtiment de graphisme ! » et de réaliser des interventions dans l’espace « comme des lustres typographiques ou des mots en lumière », à l’image de leur projet de concours pour la signalétique du Palais Garnier. Pour l’heure la rentrée est placé sous le signe du spectacle : des projet en musique avec une société de production, un,e actualité théâtrale qui s’affiche avec Binôme (rencontre de l’art et de la science), pour leurs représentations parisiennes en octobre… NOÉMIE BARRÉ, Août-Septembre 2011

INTRAMUROS N°155
L’esprit des lettres

01. 02.

Au 27 rue Jacob, les murs ont une mémoire, celle des éditions du Seuil. La grille, l’arbre et la façade sont devenus leur logo, même si elles ont quitté ce lieu emblématique en 2010 pour rejoindre le groupe de La Martinière à Montrouge. Ce lieu qui est devenu nom, typogramme sur trois lignes, au cœur du 6e arrondissement, abrite aujourd’hui deux maisons d’éditions – Les Arènes et L’Iconoclaste – et deux revues – XXI et 6MOIS. L’agence Des signes, Élise Muchir et Franklin Desclouds, responsable de cette identité visuelle originale, a aussi réalisé l’agencement de l’espace. Pour des amoureux des mots, ils choisissent de revendiquer cette passion en noir et majuscule dans des formules au service du lieu, imaginé avec Florence Parraud, avec un seul mot par ligne, graisses et corps finement réglés : « J’ai des livres à l’intérieur », « Que ferais-je sans livres ». Et pour leur céder la place, ils jouent la carte d’un aménagement minimaliste avec un mobilier réalisé par la Fabrique, composé de caissons modulables en multiplis de bouleau, vernis noir ou naturel, qui s’empilent, se déplacent et se superposent pour mettre en scène ces livres ou organiser des événements. Une belle adresse pour des rencontres physiques avec les mots, les auteurs, les lecteurs, les visiteurs, pour des éditeurs ou des libraires qui n’ont pas de point de chute.

CONCEPTS & TENDANCES N°44
Studio Des Signes


« Graphisme et création contemporaine », l’exposition qu’ils ont scénographiée à la Bibliothèque François Mitterand est à l’image de la démarche choisie par le studio Des Signes : le graphisme comme moyen de communiquer l’artiste. Les deux graphistes Élise Muchir et Franklin Desclouds se sont rencontrés aux Arts déco et ont créé le studio, installé place Monge à Paris en 2002. Ils voyagent, de la monographie aux outils web en passant par la charte graphique, dans toute la galaxie artistique. Ce qui ne les a pas empêchés de plonger dans d’autres univers et de recevoir un Icona d’Or pour la signalétique du Centre aquatique de Levallois.

FIGAROSCOPE N°20708
Le 27 rue Jacob


Le 27 rue Jacob C’est une adresse légendaire de Saint-Germain-des-Près, siège des éditions du Seuil pendant 65 ans. Un nouvel éditeur y a pris la relève pour y créer un lieu culturel. Il rassemble deux maisons, Les Arènes et L’Iconoclaste, et deux revues, XXI et 6MOIS. Les étages sont consacrés aux bureaux, tandis que le rez-de-chaussée est un lieu à livres ouverts, pour des événements conçus autour des auteurs et de leur univers. Le studio Des Signes et la designer Florence Bourel signent ensemble la scénographie du rez-de-chaussée ouvert au public. Inauguration fin mars 2011.

PIXELCREATION
Graphisme et création contemporaine


[...] Le studio Des Signes (Elise Muchir et Franklin Desclouds), chargé de la scénographie et l’identité visuelle de l’’exposition, en a profité pour jouer sobrement sur la perspective : les panneaux introduisant les graphistes, en forme de losange blanc sur les piliers habillés d’un fond bleu-vert, prolongent les lignes de fuite des affiches exposées. Elise Muchir et Franklin Desclouds ont pour l’occasion également crée un alphabet de signes agencés en lettres dont les compositions titrent et ponctuent les panneaux. Une création originale, très numérique dans l’esprit (on songe au new alphabet de Wim Crouwel par exemple), mais qui devient très lisible avec un peu de distance. [...]

Paul Schmitt, mai 2011

TÉLÉRAMA Nº3193
Les mots bleus Signalétique du Centre aquatique de Levallois


Des vestiaires au grand bassin, un jeu de piste lettré et ludique
Au nouveau Centre aquatique de Levallois-Perret (92), les murs s’adressent à nous. Nous rappellent les bonnes directions, « vers les vestiaires messieurs », « vers le grand solarium », et les précautions d’usage, comme dans l’atrium juste avant la sortie : « se coiffer, se maquiller, et ne rien oublier ». Les gros­ses lettres cursives d’eau bleue - de fait en Plexiglas -, liées en mots, nomment les lieux, et permettent, non sans humour, déplacements et jeux de piste. Pour peu que l’on parle français et que l’on sache lire.
Pour éviter les fatales erreurs d’aiguillage, Elise Muchir et Franklin Desclouds, designers graphiques associés de l’agence DES SIGNES et grands amoureux de l’usage des mots pour la signalétique, ont néanmoins ponctué le site de pictogrammes explicites sur la différenciation homme/femme ou l’emplacement des toilettes. Pour le reste, non-francophones et bambins trouveront leur chemin comme ils pourront...
Extrait de la rubrique « Formes » par Luc Le Chatelier

INTRAMUROS Nº152
Revoir Versailles


Elise Muchir et Franklin Desclouds, tous deux graphistes associés au sein du studio DES SIGNES depuis 2002 ont recomposé l’affiche de l’exposition – événement qui se tient au château de Versailles, cet hiver. Elle s’inscrit dans le prolongement et la continuité de la nouvelle charte graphique. Après quatre ans de collaborations ponctuelles, ils ont remporté en 2008 le concours de renouvellement de la ligne graphique du Château. DES SIGNES a créé pour le château un nouvel alphabet typographique, l’Apollon® qui s’illumine d’or et se bande de noir dans un jeu de filet qui rythme les pages et encadre les textes. La dernière exposition « Sciences et curiosités à la cour de Versailles » profite de leur talent et compose avec une savante mise en page d’éléments insolite et fantaisistes exposés pour l’occasion. Le Palais de la Découverte, la BNF, les éditions Gallimard, le Ministère de la Culture et la future librairie du « 27 rue Jacob », leur ont déjà fait confiance. A suivre.
Extrait de la rubrique « News »

LE COURRIER DE L’ARCHITECTE
Centre aquatique de Levallois : des mots au fil de l’eau…

Elise Muchir et Franklin Desclouds du Studio DES SIGNES ont reçu le 10 février 2011 l’Icona d’Or de la Créativité, en récompense de leur travail pour le Centre Aquatique de Levallois (2009). Une signalétique en lettres d’eau, créée avec Florence Bourel, designer, Florence Parraud, conceptrice-rédactrice et Benjamin Gomez, typographe.

L’approche poétique imaginée pour la signalétique de ce complexe aquatique a recueilli les suffrages du jury en le faisant plonger dans le turquoise des bassins. Les lettres semblent découpées dans l’eau et quelques pictogrammes bien pensés ponctuent l’espace. La réalisation associe tradition et modernité, avec un usage intéressant des matériaux et de la délicatesse dans la mise en oeuvre.

En 2009, DES SIGNES Le studio (Elise Muchir et Franklin Desclouds) crée avec Florence Bourel, designer, une signalétique tout en mots pour le nouveau Centre aquatique de la ville de Levallois. Fluides, ondoyants, forcément turquoise et translucides, les mots naviguent à même les murs, juste ponctués de flèches directionnelles, pour organiser les circulations au sein de l’établissement, sur un ton léger et ludique. Quelques pictogrammes originaux accompagnent cette signalétique à lire.

C’est un alphabet manuscrit - le chaleureux et ondulant Roman Script® - qui donne le ton et fait le charme de la signalétique du Centre aquatique. En phase de réalisation, un important travail typographique a été mené pour ligaturer les lettres entre elles à partir des dessins séparés de l’alphabet d’origine.

Les formulations signalétiques ont fait l’objet d’une étude lexicale spécifique pour s’accorder parfaitement avec l’orientation graphique. Le registre retenu privilégie le mot juste et descriptif, avec des notes rétro assumées dans l’esprit du Roman Script®. Les recommandations d’usage sont elles aussi exprimées en toutes lettres plutôt qu’en pictos.

Les mentions signalétiques sont traitées en volume, découpées mot à mot au laser dans un plexi bleuté créé pour l’établissement. On joue avec deux tailles de lettres. Les textes sont disposés plutôt en hauteur pour accentuer l’effet de flottaison. Le système de fixation tient compte des contraintes d’usure, d’entretien et d’hygiène propres au lieu.

CYBERACHI.COM
Une signalétique « tout en mots » pour la nouvelle piscine de Levallois

La nouvelle piscine de Levallois a été équipée d’une signalétique créée par le studio DES SIGNES, Elise Muchir et Franklin Desclouds, situé à Paris 5e, en collaboration avec Florence Bourel designer. Travaux graphiques, typographiques et rédactionnels sont à la base de leur intervention. Leur réalisation donne à l’intérieur du bâtiment, une touche rétro et joyeuse à la fois.

Le studio DES SIGNES est un atelier de design graphique qui crée signalétiques et identités visuelles, notamment pour de nombreux bâtiments culturels dans la région parisienne (Château de Versailles, Bibliothèque Nationale François Mitterrand, Palais de la Découverte…). Sélectionnés par la ville de Levallois une première fois pour créer la signalétique du conservatoire de danse et de musique, ils ont été sollicités à nouveau par la ville, pour créer la signalétique à l’intérieur de la nouvelle piscine devenue « un vaste centre aquatique ». Spécialisés dans le graphisme, Elise Muchir et Franklin Desclouds sont tout deux diplômés de l’Ecole Nationale des Arts Décoratifs de Paris. Leur atelier est constitué de huit personnes et ils collaborent régulièrement avec l’architecte designer Florence Bourel, la conceptrice-rédactrice Florence Parraud et le typographe Benjamin Gomez.

Des mots au fil de l’eau tout attachés
Les mots qui organisent les circulations au sein du nouveau Centre aquatique de Levallois, sont fluides, ondoyants, turquoises et translucides. Ils naviguent à même les murs, juste ponctués de flèches directionnelles. Quelques pictogrammes originaux accompagnent cette signalétique. Un alphabet manuscrit - le chaleureux et ondulant Roman Script - a été sélectionné puis transformé par le typographe Benjamin Gomez, qui a eu pour mission de ligaturer les lettres entre-elles à partir des dessins séparés de l’alphabet, pour les rendre plus manuscrites. Les lettres ont été également redessinées suivant le thème de l’eau et on peut remarquer que les points des « i » ainsi que les accents des « e » semblent rebondir et s’apparentent à des gouttes d’eau, suivant le thème de l’éclaboussure. Les mots ainsi écrits guident le public au sein du bâtiment sportif, d’une manière douce et rassurante.

Des mentions choisies
Les formulations signalétiques ont fait l’objet d’une étude lexicale spécifique qui s’accorde à l’orientation graphique. Une étude rédactionnelle a permis de choisir les mots justes et le vocabulaire le plus adéquat, le langage matérialisé est parlé. Les indications données sont « tout en mots » et on peut lire sur les murs, des groupes de mots avec prépositions et article : « vers le grand bassin », « les vestiaires » plutôt que « grand bassin » ou « vestiaires » écrits sans l’article défini. Le registre retenu privilégie le mot juste et descriptif, avec des notes rétro dans l’esprit du Roman Script. Les recommandations d’usage sont elles aussi exprimées en toutes lettres plutôt qu’en pictogramme. Une ambiance très ludique a été créée par le choix des expressions. Ainsi à « Cafétéria » sont associés les verbes « grignoter », « goûter » , « déjeuner » ; pour indiquer le grand solarium ont été utilisés les verbes « bronzer », « bouquiner » et « rêver » ; de même, à la sortie des vestiaires sont inscrits « se coiffer », « se maquiller » et « ne rien oublier ».

Des indications « Mot à mot »
Les mentions signalétiques sont en volume et constituent des « monolithes perforés » obtenus par découpage mot à mot au laser dans un plexi bleuté. Les tailles des lettres sont différentes suivant leur emplacement, les plus grands mots situés au niveau du bassin ont une taille de 66 cm. Les textes sont tous disposés en hauteur et sont ainsi inaccessibles aux jeunes publics. Cette disposition accentue l’effet de flottaison et procure l’impression de se trouver dans un bassin d’eau. Les lettres sont revêtues d’une peinture brillante qui permet d’obtenir des reflets semblables à ceux de l’eau.
On peut se demander la nature de leurs inspirations pour cette réalisation : « Les couleurs saturées des maisons à Los Angeles, le ciel et la lumière très franche. Les œuvres dans le formol de Damien Hirst et le travail de David Hockney » répond Franklin Desclouds. DES SIGNES continue ce travail pour un second bassin attenant à celui-ci et qui sera nommé « Tempo », en intégrant cette fois les recommandations exactes sous forme de phrases écrites et non de pictogramme. Une création faite suivant le même thème et qui restera donc sensible et bien pensée.
Extrait de la rubrique « Design » par Claire Zobouyan

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Neues plakat für das Château de Versailles


Im Sinne des Sonnenkönigs : Das Château de Versailles als Mittelpunkt des Universums.
Überall in Paris und Umgebung sind die Plakate, die eine neue Ausstellung im Schloss von Versailles ankündigen, zu sehen. Sie fallen durch ihren dunklen satten Ton auf und ziehen tief in das Geschehen hinein, in die Schau »Sciences & Curiosités à la Cour de Versailles« , die dort bis Ende Februar zu sehen ist.
Das Pariser Studio Des Signes, 2002 von Elise Muchir und Franklin Desclouds gegründet, hat es entworfen. Sie arbeiten auch für den Louvre, das Pariser Kulturministerium, der Edition Gallimard und haben 2008 bereits eine Schrift für das Château de Versailles entworfen und das Logo mit einem Schriftband und der aufgehenden goldenen Sonne darüber.
Für das neue Ausstellungsplakat haben sie Versailles in den Mittelpunkt des Universums gestellt, das aus technischen Erneuerungen wie der Ballonfahrt, aus Exotik und dem Planetensystem besteht – und auch ein augenzwinkernder Verweis auf den Größenwahnsinn Ludwig XIV. ist.
Das Motiv findet sich ebenso auf der Einladung zur Vernissage, dem Katalogcover und allen anderen Veröffentlichungen in Zusammenhang mit der Ausstellung.
Brève de Sabine Danek